Evaluation prospective de la contamination fongique dans deux
services hospitaliers au cours d'un chantier de construction
Sautour M.,a
Sixt N.,c Dalle F.,a,b
L’Ollivier C.,a Calinon
C.,a,c,e Fourquenet V.,a,c,e
Thibaut C.,a
Jury H.,a Lafon I.,d
Aho S.,e Couillault G.,f
Vagner O.,a Cuisenier
B.,a Besancenot J.-P.,g
Caillot D.,d Bonnin A.,a,b
a Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie, c Microbiologie environnementale, e
Unité d’hygiène hospitalière et d’épidémiologie- Hôpital du Bocage, BP 77908,
21079 Dijon Cedex, France
b Laboratoire
Interactions Muqueuses - Agents Transmissibles, g Laboratoire climat
et santé - Faculté de Médecine, BP 87900, 21079 Dijon Cedex, France
d Unité
d’hématologie adulte, f Unité d’hématologie pédiatrique - Hôpital
d’Enfants, BP 77908, 21079 Dijon Cedex, France
En milieu hospitalier, les
travaux de démolition et de construction sont une source de remise en suspension
de spores fongiques. Elles représentent un facteur de risque de mycose chez les
patients immunodéprimés, hospitalisés à proximité des zones de travaux. Le CHU
de Dijon s’est engagé début 2006 dans un important projet architectural, visant
à regrouper sur un seul site l’ensemble des activités hospitalières. L’objectif
a donc été d’évaluer, par une étude prospective de 18 mois, l’impact de ces
activités de construction sur la contamination fongique environnementale au sein
de deux unités d’hématologie (adulte et pédiatrique) localisées à proximité du
chantier de construction. Les prélèvements d’air ont été réalisés à l’aide d’un
biocollecteur Air-ideal (BioMérieux). L’analyse des résultats a montré une
contamination aérienne moyenne de 4.2 cfu/m3 dans le service
d’hématologie adulte et de 4.1 cfu/m3 en hématologie pédiatrique.
Lorsque les travaux de construction ont débuté en janvier 2006, il a été mis en
évidence une augmentation du nombre de spores fongiques dans l’air (de 3.0 à 9.8
cfu/m3) dans le service d’hématologie adulte. Cependant les
concentrations en spores n’ont jamais excédé 10 cfu/m3 dans les deux
unités pendant la totalité de la période d’étude. Les principaux mycètes
identifiés à l’intérieur des 2 unités ont été Penicillium spp. (27 à
38%), Aspergillus spp. (25%), et Bjerkandera adusta (7 à 12%), et
ces valeurs diffèrent radicalement des résultats obtenus à partir de
prélèvements d’air extérieurs où Cladosporium spp. est largement le
mycète prédominant (51% de la flore fongique totale). Ces résultats suggèrent un
développement actif de micromycètes dans des niches écologiques privilégiées de
l’environnement intérieur des infrastructures hospitalières.
Enfin nous avons évalué l’impact
de l’utilisation de nouvelles unités mobiles de traitement de l’air (unités
PlasmairTM) en comparant les résultats de contamination fongique au
sein de chambres équipées d’un PlasmairTM et les résultats provenant
de chambres non protégées. Il apparaît une différence très significative de la
contamination au sein des chambres équipées d’une unité PlasmairTM
(4.3 cfu/m3) par rapport aux chambres sans système de traitement de
l’air (14.3 cfu/m3).
Quantification des moisissures de l’environnement
domestique par PCR en temps réel
Laurence millon1,
ANNE-PAULINE Bellanger1, SANDRINE Roussel1, EMELINE Didier1,
FREDERIC Grenouillet1, JEAN-CHARLES Dalphin2, RENAUD
Piarroux1, GABRIEL Reboux1
1Service
de Parasitologie-Mycologie, 2Service
de Pneumologie, CHU Besançon
laurence.millon@univ-fcomte.fr
La présence de
moisissures dans les logements a été associée à des pathologies de gravité
variable, résultant de réactions allergiques ou toxiques (asthme, rhinites,
syndrome des bâtiments malsains, hémosidérose, cancer). La relation dose/effet,
par espèce et par pathologie n’est pas établie car la plupart des études ont
utilisé des méthodes indirectes ou globales (humidité, odeur, moisissure
visible) ou des méthodes d’examen direct et culture qui ne permettent pas de
quantification précise. Notre objectif était de quantifier dans l’environnement
domestique cinq espèces capables de produire des substances allergisantes et/ou
des mycotoxines (Cladosporium sphaerospermum, Alternaria alternata,
Penicilllium chrysogenum, Stachybotrys chartarum, Aspergillus versicolor)
et une espèce capable de provoquer des infections chez les sujets immunodéprimés
(Aspergillus fumigatus).
110 logements appariés
ont été inclus dans cette étude (30 logements insalubres, 25 logements de
patients allergiques, 55 logements témoins appariés). Des prélèvements d’air sur
filtre Teflon, et des prélèvements de surface par écouvillonnage ont été
effectués dans la chambre et la salle de bain de chaque logement. L’extraction
d’ADN a été réalisée à partir des liquides de rinçage des filtres et des
écouvillons, à l’aide du kit High Pure PCR template (Roche diagnostic). L’ADN de
C. sphaerospermum, A. alternata, A. versicolor, P chrysogenum, S. chartarum,
A. fumigatus a été détecté par PCR en temps réel sur Light Cycler en
utilisant les systèmes d’amorces et sondes décrits par Haughland et coll*.
Par rapport à leur
témoin, les logements insalubres ont montré dans les prélèvements d’air une
concentration plus élevée en C. sphaerospermum (9590 vs 2863
eq-spore/m3 ; p<0 ,008), et dans les prélèvements de surface, des
concentrations plus élevées en C. sphaerospermum (6,3x107
vs 3x107 eq-spore/25cm2; p<0,0001), A.
versicolor (44 162 vs 22 eq-spore/25cm2 ; p<0,0001) et
P. chrysogenum
(2778 vs 1 eq-spore/25cm2 ; p<0,0001).
Les logements de patients
allergiques ont montré dans les prélèvements d’air des concentrations plus
élevées en A. versicolor (68 vs 11 eq-spore/m3;
p<0,04), et dans les prélèvements de surface, des concentrations plus élevées en
C. sphaerospermum (1,6x107 vs 5,8x105 eq-spore/25cm2 ;
p<0,008), et A. versicolor (80 vs 2 eq-spore/25cm2 ;
p< 0,004).
S. chartarum
a été détecté dans les prélèvements de surface de10 logements insalubres, 7
logements de patients allergiques et 4 logements témoins.
La
quantification par PCR en temps réel dans les prélèvements d’air de C.
sphaerospermum représente une mesure simple et objective permettant de
caractériser les logements insalubres. L’étude doit être poursuivie sur un
nombre supérieur de logements afin d’établir un « seuil » d’insalubrité ; un
recueil de données cliniques plus exhaustif permettra de préciser le rôle d’A.
versicolor dans les pathologies allergiques.
« ECRAN HUMIDE ANTI-POUSSIERES »
DANS LA PREVENTION DE L´ASPERGILLOSE AU COURS DE TRAVAUX : PRESENTATION DU
DISPOSITIF ET EVALUATION ENVIRONNEMENTALE A L´HOPITAL COCHIN.
M THÉRÈSE BAIXENCH1-2,
P POIRIER1, EMILIE BRISELET1, ANGELA DAL FARRA2,
C VINSONNEAU3, A PAUGAM1, H BLANCHARD2, J
DUPOUY-CAMET1
1Service de
Parasitologie-Mycologie ; 2Unité d´hygiène hospitalière ; 3CLLIN
Groupe hospitalier Cochin Saint
Vincent de Paul
27, rue du faubourg Saint
Jacques 75679 Paris Cedex 14
marie-therese.baixench@cch.aphp.fr
Principe de l´écran humide
anti-poussières (EAP) : l´objectif est de produire un aérosol d´eau sur la
périphérie du chantier et en hauteur facilitant la capture des poussières
projetées sur un filet anti-poussières. Ce dispositif, non évalué à ce
jour, a été installé autour de 2 chantiers sur les sites Cochin et Port Royal.
Evaluation environnementale :
des prélèvements d´air ont été effectués à l’extérieur du chantier et à
l´intérieur des bâtiments exposés.
Résultats :
- Site Cochin : un EAP a
été installé durant les périodes de démolitions et d´excavations. Autour
du chantier, une augmentation des concentrations fongiques totales a été
observée au cours de ces 2 périodes : elle a été non significative pendant
les démolitions (médiane : 34 spores/m3 - période de
référence : 26 spores/m3) ; elle a été plus importante au cours de la
période d´excavations (médiane : 55 spores/m3 ; p<0,01) ; cette
période a été émaillée par des dysfonctionnements de l´EAP.
A l´intérieur des bâtiments, une
augmentation significative de l´aéropollution fongique au cours des 2 périodes a
été mise en évidence (médianes de 31 à 81 spores/m3 ; période de
référence : 16 à 19 spores/m3 ; p<0,01). Il n´a pas été observé
d´augmentation des concentrations aspergillaires.
- Site Port Royal :
l´EAP a été installé uniquement au cours des démolitions. Durant cette période,
les concentrations fongiques totales sont restées basses à l´extérieur et à
l´intérieur du bâtiment (médianes respectives : 12 et 16 spores/m3).
La surveillance épidémiologique
n´a pas montré une augmentation de l´incidence de l´aspergillose invasive à
l´hôpital.
Discussion :
L´interprétation des résultats environnementaux est plurifactorielle (saisons,
météo, configuration des chantiers,…). Ce travail montre que la mise en place
d´un EAP ne permet pas toujours de contrôler entièrement l´empoussièrement
généré par un chantier ; l´EAP doit être associé aux mesures de prévention
du risque aspergillaire habituellement préconisées dans les chantiers et les
unités de soins. Il apparaît néanmoins comme un moyen complémentaire dans la
prévention de l´aspergillose au cours de travaux à l´hôpital.
La confrontation des résultats
et des expériences sur différents sites semble toutefois nécessaire pour
conclure sur l´efficacité intrinsèque d´un EAP.
PRESENCE DE DEUX VARIANTS
D’ASPERGILLUS FUMIGATUS DANS UNE CULTURE D’ABCES GANGLIONNAIRE
CHEZ UNE PATIENTE IMMUNODEPRIMEE. A PROPOS D’UN CAS.
AGATHE
LEBUISSON1,
MARIE-THERESE BAIXENCH1, HELENE YERA1, F.DREYFUS2,
A.PAUGAM1, J. DUPOUY-CAMET1
1-
Service de Parasitologie-Mycologie
2- Service d’Hématologie
clinique
Groupe hospitalier Cochin Saint
Vincent de Paul
27 rue du faubourg Saint Jacques
75679 Paris cedex 14
agathe.lebuisson@cch.aphp.fr
Une femme de
62 ans, ayant une maladie de Waldenström, est hospitalisée pour une fièvre
évoluant depuis un mois et une adénopathie jugulo-carotidienne droite. Elle a
reçu au cours des derniers mois plusieurs traitements immunosuppresseurs et une
chimiothérapie. Le scanner thoraco-abdominal objective l’adénopathie, qui
présente un centre nécrotique, et un nodule du sommet pulmonaire droit. Le
ganglion est biopsié. La culture permet l’isolement de deux champignons
filamenteux. L’un est vert et correspond à un A. fumigatus. L’autre est
blanc, à sporulation lente. L’incubation prolongée (deux semaines) permet
d’identifier un A. fumigatus. La biologie moléculaire (amplification et
séquençage de la région ITS1-5,8S-ITS2) confirme l’espèce. Les repiquages
successifs de la colonie blanche sur Sabouraud retrouvent toujours un variant
blanc parmi les colonies vertes. Les CMI (amphotéricine B, voriconazole,
posaconazole, itraconazole et caspofongine) pour les deux souches isolées sont
basses (<0.38 µg/mL). La patiente est traitée par voriconazole. Le diagnostic
d’aspergillose invasive n’a pas été retenu (la culture des crachats est négative
et les antigènes aspergillaires successifs resteront négatifs). La patiente sera
allogreffée trois mois après sous couvert d’une bithérapie par caspofongine et
voriconazole sans complications.
Des variants blancs
d’A. fumigatus ont déjà été décrits. Ils ont été isolés chez des patients
traités par antifongiques. D’autres variants blancs, caractérisés par une
sensibilité diminuée à la plupart des antifongiques, ont été récemment
identifiés comme étant une espèce proche d’A. fumigatus. Ils ont été
nommés A. lentulus (=qui sporule lentement).(1).
L’isolement
d’un A. fumigatus blanc en culture est inhabituel. Les caractères
phénotypiques ne permettant pas de les distinguer d’un A. lentulus, il
est conseillé de réaliser systématiquement des CMI sur ce type de souche.
1.
Balajee SA, Gribskov JL, Hanley E, Nickle D, Marr KA.
Aspergillus lentulus
sp. nov., a new sibling species of A. fumigatus. Eukaryot
Cell 2005;4(3):625-32.
Diminution de l'incidence de l'Aspergillose Invasive Nosocomiale lors de la
réalisation de travaux à risque élevé sur une période de 5 ans
M.Nouvellon1
, P.Etancelin1, S.
Silly 1 , JC.Richard2, JP.Vannier3, AM.Cardine3,
I.Tiret4, V.Merle5 ,M.Nouvellon1
et la cellule aspergillose du CHU de Rouen
1Laboratoire
Hygiène Hospitalière, 2Service de réanimation médicale, 3Service
d'onco-hématologie pédiatrique, 4Département de Pharmacie,
5Unité de Prévention des
Infections Nosocomiales, CHU Rouen, France
Objectifs :
Depuis 5 ans au sein de notre CHU de 2500 lits, de nombreux travaux ont été
réalisés à l'intérieur ou aux abords des services d'hémato-oncologie pédiatrique
(HOP) et de réanimation médicale adulte (RMA) (classés risque 3 à 5).
Le suivi de l'incidence de l'aspergillose
invasive nosocomiale (AIN) a permis d'évaluer l'efficacité des mesures
environnementales systématiques mises en place pour protéger les patients à
risque.
Méthodes :
Les suspicions d'AIN ont été colligées à partir
des ordonnances nominatives d'Amphotéricine B, voriconazole, caspofungine, dans
les deux principaux services prescripteurs (RMA et HOP). Selon les critères de
l'OMS, les cas ont été classés en possible, probable ou prouvé à partir des
données cliniques, biologiques et radiologiques.
Les aspergilloses diagnostiquées à l'admission
ont été écartées.
3 indicateurs ont été étudiés :
-l'incidence (I) de l'AIN,
rapportée à 1000 jours d'hospitalisation.
-le risque relatif (RR) : la
date de survenue des cas a été mise en parallèle avec les dates de réalisation
des travaux
-la consommation en
antifongiques en unités (CA)
Résultats : La cellule
aspergillose, groupe de travail multidisciplinaire créé en 2002 conformément aux
recommandations de l'HAS, a accompagné divers chantiers aux abords ou au sein
des services : 5 en RMA soit 26 mois d'exposition aspergillaire dont 16 au
risque 5 et 10 en HOP soit 28 mois d'exposition dont 2 au risque 5.
Sur les 99 dossiers étudiés en
HOP, 36 cas ont été retenus comme AIN et sur les 93 dossiers de RMA, 19
cas ont été classés.
|
Service |
|
2002 |
2003 |
2004 |
2005 |
2006 |
|
RMA |
Nb de cas (N) |
7 |
3 |
4 |
3 |
2 |
|
I /
1000 j |
1.12 |
0.48 |
0.8 |
0.5 |
0.34 |
|
CA |
621 |
180 |
746 |
356 |
244 |
|
HOP |
N |
7 |
4 |
6 |
13 |
6 |
|
I /
1000 j |
3.17 |
1.72 |
2.12 |
3.14 |
2.24 |
|
CA |
1295 |
446 |
591 |
2985 |
449 |
Malgré la réalisation de
travaux, une diminution progressive des cas d'AIN est observée entre 2002 et
2006 corroborée par une diminution parallèle de la consommation des
antifongiques dans les 2 services.
Les RR (0.69 en RMA et 0.73 en
HOP) indiquent que les travaux ne sont pas un facteur d'augmentation de
l'incidence de l'AIN et ce, sur 4 périodes de travaux de risque 5 étudiées.
Conclusion
Dans notre expérience et à
plusieurs reprises, les travaux réalisés dans les services à risque ne sont pas
accompagnés d'une recrudescence des cas d'AIN et ce, grâce à la mise en place de
mesures préventives environnementales efficaces. Ceci permet un meilleur usage
des antifongiques.
Développement d’un test ELISA pour le
diagnostic de la maladie du poumon de fermier
Sandrine Roussel1,
Bénédicte Rognon1, G. Reboux1, M. Monod2, F.
Grenouillet1, J-C Dalphin3, Laurence Millon1.
1 Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie, CHU Besançon.
2 Service de
Dermatologie, CHUV Lausanne.
3 Service de
Pneumologie, CHU Besançon.
sandrine.roussel@univ-fcomte.fr
La
maladie du poumon de fermier (PDF) est une maladie pulmonaire liée à la
pénétration jusqu’aux alvéoles de particules fongiques de diamètre <4 µm. Il a
été démontré que les zones d’activité antigénique étaient différentes et
variables en fonction du type de particule fongique considéré (conidies,
ascospores ou filaments mycéliens). La composition fine des aérosols auxquels
l’agriculteur est soumis est méconnue. Eurotium amstelodami (=
Aspergillus hollandicus) est l’une des espèces responsables du PDF en
Franche-Comté. L’objectif de cette étude était de comparer par ELISA différents
types d’antigènes issus d’Eurotium amstelodami, et de déterminer
l’antigène le plus performant pour le diagnostic sérologique de la maladie.
Des antigènes ont été produits
à partir de conidies, d’ascospores et de filaments d’Eurotium amstelodami.
Ces 3 types d’antigènes ont été testés en ELISA avec les sérums de 10
agriculteurs atteints de PDF, 15 témoins exposés et 8 témoins non exposés. La
quantité d’antigène par puit a été standardisée. Les sérums ont été déposés en
triplet. La recherche d’un seuil permettant le meilleur compromis entre
sensibilité et spécificité a été réalisée par la méthode des courbes ROC (Receiver
Operating Characteristic analysis).
La répétabilité des résultats
est améliorée par l’utilisation d’antigènes purifiés de conidies et
d’ascospores. L’antigène d’ascospores permet d’obtenir une meilleure
discrimination entre les malades et les témoins exposés asymptomatiques que les
deux autres types d’antigène. La sensibilité du test est de 70% pour une
spécificité de 87%.
L’extrait antigénique purifié,
isolé d’ascospores d’E. amstelodami permet une discrimination des sujets
malades et des sujets exposés non malades par un test ELISA, plus simple et plus
rapide à réaliser que les techniques de diffusion. Les performances du test
ELISA pourront être améliorées par l’utilisation d’antigènes recombinants
spécifiques des fractions protéiques de l’antigène d’ascospores, et par
l’utilisation d’une combinaison d’antigènes issus de plusieurs micro-organismes.
ZYGOMYCOSE A
CUNNINGHAMELLA BERTHOLLETIAE CHEZ UN ENFANT TRAITE POUR UNE LEUCEMIE AIGUE
MYELOBLASTIQUE.
1CLAIRE LACROIX,
2JULIETTE ANDREU-GALLIEN, 3ANNE BERGERON, 4D.
GOSSOT, 2CECILE KERDUDO, 2B.
BRETHON, 5E. DANNAOUI, 2T. LEBLANC,
2A. BARUCHEL, 1MARTINE FEUILHADE.
1Service de
Mycologie-Parasitologie, 2Service d’Hématologie pédiatrique, 3Service
de Pneumologie, Hôpital Saint Louis, APHP, 4Département thoracique,
Institut Mutualiste Montsouris, 5Centre National de Référence des
Mycoses et des Antifongiques, Institut Pasteur ; Paris.
claire.lacroix@sls.aphp.fr
L’espèce Cunninghamella
bertholletiae (Cb), seule représentante de ce genre en pathologie humaine,
n’est que rarement responsable d’infection. Nous rapportons ici le cas d’une
zygomycose pulmonaire à Cb chez un enfant atteint d’une leucémie aiguë
myéloblastique. Cet enfant de 12 ans d’origine malienne né en France, n’ayant
pas fait de séjour récent en Afrique, est pris en charge en juillet 2007 pour
une leucémie aiguë myéloblastique. Une induction par mitoxantrone et cytarabine
est débutée (J1). Une neutropénie (<0,1.109/l) est présente dès le
diagnostic et jusqu’à J32 post-chimiothérapie. Le patient présente une toux
antérieure à son hospitalisation et la radiographie thoracique (J5) met en
évidence une opacité péri-hilaire gauche. A J7 il devient fébrile et se plaint
d’une douleur thoracique augmentant à l’inspiration. Une antibiothérapie large
spectre est débutée. Le scanner thoracique (J8) montre une masse hilaire ainsi
qu’une condensation alvéolaire postérobasale gauches. L’endoscopie bronchique
avec lavage broncho-alvéolaire (J9) ne retrouve aucun microorganisme pathogène.
L’amphotéricine B est alors débutée (1mg/kg/j). Elle est remplacée par l’amphotéricine
B liposomale (3mg/kg/j) à J17 pour cause de mauvaise tolérance rénale. Devant la
persistance de la fièvre, de la toux, de la douleur et la progression
radiologique de la pneumopathie, un traitement par G-CSF est introduit à J23.
L’état général, et respiratoire en particulier, du patient font récuser la
réalisation d’une nouvelle endoscopie bronchique. L’amphotéricine B liposomale
est stoppée à la sortie d’aplasie (J32). Le patient s’améliore lentement. Le
scanner (J37) montre une fonte nécrotique du lobe inférieur gauche. Une nouvelle
endoscopie bronchique (J39) trouve une obstruction complète de la bronche
lobaire inférieure gauche par un bourgeon blanchâtre hémorragique. La présence
de filaments mycéliens à l’examen direct de l’aspiration bronchique permet de
poser le diagnostic de zygomycose, la culture poussera à Cb. L’amphotéricine B
liposomale est ré-introduite (5mg/kg/j) et le patient bénéficie d’une lobectomie
inférieure gauche. L’examen mycologique de la pièce opératoire confirmera le
diagnostic de zygomycose invasive. L’étude de la sensibilité in vitro de cet
isolat (EUCAST) montre des valeurs peu élevées pour l’amphotéricine B (0.25
mg/l) et le posaconazole (0.5 mg/l). Le posaconazole (200mgx3/j) est introduit à
J47. La bithérapie antifongique est poursuivie pendant la durée de la
chimiothérapie cytotoxique de consolidation. L’amphotéricine B liposomale est
stoppée après 6 semaines de traitement et le posaconazole est poursuivi en
monothérapie.
Les
infections à Cb chez l’enfant sont rares. Six cas ont été rapportés dans la
littérature, avec une majorité de garçons (4/6). Dans ce groupe, 5 patients sont
atteints de leucémie aiguë et présentent une localisation pulmonaire. Les 3
enfants (50%) ayant survécu ont bénéficié d’une lobectomie et d’un traitement
par amphotéricine B. Le posaconazole peut constituer un antifongique de choix
dans le traitement de cette infection.
L’alcool favorise-t-il les zygomycoses ?
Aude
Lesenne1, M. Thellier1, Liliane Bodin2,
Charlotte Arbelot2, A. Foucrier2, G. Lecso1, M.
Palous1, Sophie Brun1 et
Annick Datry1
-
Service de
Parasitologie-Mycologie, 2. Unité de Réanimation (Pr. JJ Rouby), Hôpital
Pitié-Salpêtrière 75013 Paris
Mr
C, 41 ans, a un accident de voiture le 19 juillet 2007 (alcoolémie = 2,50g / L).
Il subit un choc violent contre un poteau EDF en béton et il est éjecté dans un
fossé à 20 m de son véhicule. Il est adressé aux urgences du groupe hospitalier
Pitié-Salpêtrière.
A son arrivée, il présente un état de choc
hémorragique avec défaillance multiviscérale, un polytraumatisme et une très
large plaie du scalp. Une laparotomie et une suture du scalp sont réalisées. Le
22 juillet, le patient est fébrile (possible surinfection des sutures) et on
instaure un traitement par imipénem-cilastatine vancomycine, ciprofloxacine et
fluconazole. Le 27 juillet une hémoculture est positive à Candida albicans
et le 1er août Mr C présente une pneumopathie à Pseudomonas aeruginosa
traitée par aérosols de ceftazidime. Devant la persistance de la fièvre et
l’absence d’amélioration de la plaie du scalp restant purulente, un nouveau
prélèvement est réalisé le 9 août. Il met en évidence en bactériologie à P.
aeruginosa et en mycologie 2 zygomycètes identifiés ultérieurement par le
CNRM Pasteur comme étant Mucor circinelloides et Rhizopus microsporus.
Le traitement comportera de la ceftazidime IV et du posaconazole (800 mg / j
en 2 prises) en raison d’une insuffisance rénale ayant nécessité plusieurs
dialyses péritonéales.
Le 20 août, Mr C présente une pneumopathie à
P aeruginosa et à Enterobacter cloacae BLSE. Le 26 août un nouveau
prélèvement de la plaie du scalp est positif en bactériologie (P aeruginosa
multiR et à E. cloacae BLSE) et négatif en mycologie. L’
évolution sera bonne et le posaconazole est arrêté le 6 septembre après 26 jours
de traitement. Mr C.sort en rééducation le 17 septermbre.
Les auteurs concluent et, selon les données de
la littérature, à la nécessité d’associer chirurgie et traitement médical pour
obtenir une évolution favorable des zygomycoses. Ces dernières étant résistantes
au voriconazole et à la caspofungine, les traitements de référence sont à
l’heure actuelle les amphotéricines et le posaconazole.
Mucormycose
cutanée à Saksenaea vasiformis : diagnostic mycologique
Catherine
Kauffmann-Lacroix1,
D. Battandier 4, G. Le Moal 2, E. Wierzbiecka 3,
J. Dautremer 4, E. Dannaoui5
1-
Laboratoire de Parasitologie et
Mycologie Médicale, 2- Service de Maladies Infectieuses et Tropicales, 3-
Service de Dermatologie , CHU de Poitiers, 2 rue de la Milétrie 86021
Poitiers Cedex.
c.lacroix@chu-poitiers.fr
2-
Service de Maladies Infectieuses
et Tropicales Hôpital Necker -149, rue de Sèvres 75743 Paris Cedex 15
3-
5- CNRMA Institut Pasteur
25,28 rue du Docteur Roux 75724 Paris Cedex 15
Histoire de la maladie
Mr C a consulté les
infectiologues et les orthopédistes pour la 1ère fois en 2006 pour
prise en charge d’une ostéite malléolaire associée à une myosite de la jambe
évoluant depuis 2002 et en échec d’un traitement par oxacilline. Dans ces
antécédents on note un traumatisme de cette cheville (chute d’une grosse pierre
sur le pied) responsable d’un hématome traité par drainage chirurgical. Une
nouvelle antibiothérapie par vancomycine et rifadine a été débutée en novembre
2006 après prélèvements chirurgicaux profonds à visée bactériologiques (restés
tous négatifs). Devant l’absence de succès clinique et biologique les
antibiotiques ont été modifiés en janvier 2007 pour ceftazidime et
ciprofloxacine dans l’hypothèse d’un bacille Gram négatif. Après une
amélioration clinique passagère, le patient a été, à nouveau biopsié au niveau
de l’os et du muscle en Mai 2007 du fait d’aggravation de l’ostéite (à nouveau
négatifs). Puis en juin 2007 des biopsies cutanées du fait de lésions dermiques
à bords granulomateux ont été pratiquées. Les conclusions anatomopathologiques
orientent alors vers la présence de champignon filamenteux qui ont été
confirmées lors d’une troisième biopsie chirurgicale en juillet 2007 (osseuse et
cutanée) adressée en mycologie pour évaluer l’extension et confirmer cette
zygomycose. Un traitement a été débuté avec l’amphotéricine B liposomale (Ambisome*)
en perfusion mais très mal toléré. Devant le risque d’amputation, la prise en
charge thérapeutique a été coordonnée à l’hôpital Necker et est encore en cours.
Diagnostic
mycologique
Tous les
milieux (Sabouraud avec et sans chloramphenicol) présentent une culture de
champignon filamenteux grise, d’aspect typique de Mucorale. L’examen
microscopique est pauvre, filaments siphonnés dont les sporanges semblent avoir
disparu. La souche est adressée à l’Institut Pasteur où les cultures initiales
sur milieux usuels n’ont pas permis la sporulation. Après culture du mycélium en
milieu liquide et l’amplification PCR de la région ITS, la séquence obtenue est
compatible avec un S. vasiformis. Un repiquage sur Czapeck a permis
d’obtenir les sporocystes caractéristiques au bout de 15 jours.
S. vasiformis
a été isolé aux Indes et décrit par Saksenaea en 1953.
Ajello, en 1976 a décrit le premier cas humain. Grâce à une meilleure
connaissance de ce zygomycetes, à ce jour une 30aine de cas, souvent cutanés,
ont été rapportés.
En
conclusion, la culture d’une mucorale sans obtention d’une sporulation doit
faire suspecter un Saksenaea ou un Apophysomyces.
INFECTION INVASIVE A TRICHOSPORON
INKIN CHEZ UN ENFANT REVELANT UN DEFICIT IMMUNITAIRE PRIMITIF
Nizar Mahlaoui1, Marianne Debre1, Bénédicte Neven1, Stéphane
Blanche1, Alain Fischer1, Catherine Doit2 ,
Marie-Elisabeth Bougnoux3
1Unité d’Immunologie et
Hématologie Pédiatrique, 2Service de Microbiologie, Hôpital
Robert-Debré, 3Service de Microbiologie, Hôpital Necker-Enfants
Malades. Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Université Paris 5-René
Descartes.
Les infections invasives à Trichosporon inkin sont peu fréquentes et
surviennent généralement sur des terrains prédisposants, en particulier des
déficits immunitaires primitifs ou acquis. Nous rapportons ici le cas d’un
enfant de 8 ans vivant à Paris et sans antécédents particuliers. Dans un
contexte de toux fébrile et d’altération de l’état général, il a été découvert
une infection du poumon droit, une infection de la région mastoïdienne et de la
partie distale de la cuisse (abcès sous-cutané) avec atteinte osseuse fémorale).
Trichosporon inkin a été isolé à partir de prélèvements obtenus
stérilement : collection sous-cutanée au niveau de la mastoïde (culture pure),
tissus issus du parage sous-cutané et au contact osseux fémoral.
L’identification de l’espèce a été obtenue par séquençage de la région
ITS1 de l’ADNr. L’étude in vitro de la sensibilité aux
antifongiques a montré une CMI >32 µg/mL à la 5-fluorocytosine, 0.064 µg/mL au
fluconazole, 0.006 µg/mL au voriconazole, 0.004 µg/mL au posaconazole, 0.5
µg/mL à l’amphotéricine B et >24-µg/mL à la caspofungine. Le bilan d’extension
de ces lésions a retrouvé une atteinte osseuse costale (K1 à 3) et vertèbrale
(L4, L5) sans aucune symptomatologie clinique. Orienté par la sévérité de
l’infection, l’identification du microorganisme et par la notion de
consanguinité familiale, il a été recherché (test de réduction du nitrobleu
tétrazolium) et identifié une granulomatose septique chronique. Il s’agit d’un
déficit immunitaire primitif de l’immunité innée d’origine génétique. La
mutation chez cet enfant a été identifiée : délétion homozygote du gène NCF1
codant pour la sous-unité p47phox du complexe NADPH oxydase.
Sous bithérapie antifongique par Amphotéricine B liposomale et voriconazole per
os l’évolution a été très rapidement favorable au niveau osseux et mastoïdien
.La normalisation du syndrome inflammatoire biologique a été plus progressive.
La réponse au niveau pulmonaire est partielle. Il reçoit actuellement des
transfusions de globules blancs.
En conclusion, nous rapportons le cas d’un enfant de 8 ans présentant une
infection disséminée à Trichosporon inkin avec atteinte osseuse
multifocale, sous-cutanée et pulmonaire révélant un déficit immunitaire
primitif. L’atteinte osseuse lors de cette infection n’a, à notre connaissance,
pas été rapportée dans la littérature.
Infection articulaire à Scedosporum apiospermum
(SA) chez un patient ayant une polyarthrite rhumatoïde traitée par rituximab.
A.Balageasa,
R Braulta, E
Solau-Gervaisa,
C.kauffmann-Lacroixb,
M. Puyadea, F.Debiaisa.
a
Service de Rhumatologie, b Laboratoire de Parasitologie et Mycologie
Médicale,
C.H.Ude
Poitiers, 2 rue de la Milétrie, 86021 Poitiers Cedex, France.
r.brault@chu-poitiers.fr
Les
infections ostéo-articulaires fongiques sont rares et peuvent être aussi
dangereuses que torpides. Nous rapportons un cas d’arthrite du coude à
Scedosporum apiospermum chez un patient immunodéprimé, souffrant d’une
polyarthrite rhumatoïde (PR) et traité par rituximab, anticorps anti-CD20.
Un homme, âgé de 73 ans, est suivi dans le service pour une PR destructrice
évoluant depuis 40 ans rebelle aux traitements antérieurs. Le coude gauche a été
le siège d’une synovite chronique persistante malgré 6 infiltrations et
synoviorthèses: en 2002 (diprostène), 2003 et 2006 (hexatrione), 2004 et en mars
2006 (Rhénium). Les deux premières injections de rituximab réalisées le 4 et 20
mars 2007, ont été parfaitement tolérées. Le 31 mars 2007, il a présenté une
arthrite du coude gauche avec écoulement spontané. Le bilan biologique a
retrouvé une CRP <1mg/l et une VS à 7 mm. Les radiographies et l’IRM
confirment l’ostéoarthrite avec d’importantes images destructrices. Le
prélèvement identifie un champignon filamenteux: Scedosporum apiospermum
(SA). Les prélèvements systémiques ont été négatifs. Le traitement initial par
kétoconazole a été pris pendant 15 jours puis remplacé par voriconazole
400mg/jour poursuivi pendant 12 semaines et bien toléré. Un arthrolavage avec
synovectomie a été également effectué. L’évolution clinique a été favorable.
SA est un champignon ubiquitaire surtout présent dans le sol et les eaux
stagnantes. Il est plus fréquemment pathogène chez l’immunodéprimé chez qui il
est souvent à l’origine de formes disséminées. Dans la littérature, 15 cas
d’arthrites à SA sont rapportées. Il s’agissait de 13 hommes et de 2 femmes.
L’âge moyen des patients était de 33.33 ans avec des extrêmes allant de 5 à 65
ans. Douze patients étaient immunocompétents. Le genou était l’articulation la
plus fréquemment atteinte. Le mode de contamination était le plus souvent une
inoculation directe intra-articulaire du germe survenant après un traumatisme ou
une infiltration intra-articulaire. Le délai entre la contamination et
l’apparition des symptômes variait entre 4 jours et 14 mois. Les
signes systémiques étaient absents dans la majorité des cas. Le diagnostic a
reposé sur l’examen direct du produit pathologique et la culture sur milieu de
Sabouraud. L’évolution sous traitement adapté (médical et parfois
chirurgical) a été le plus souvent favorable. Une infection disséminée a
été constatée et le patient est décédé.
Les mycoses ostéoarticulaires doivent être systématiquement
recherchées devant toute manifestation d’allure infectieuse dont les
prélèvements sont négatifs ou révèlent une bactérie qui à l’évidence n’est pas
l’agent causal. Dans les infections articulaires à SA, l’association du
traitement médical et chirurgical donne de bons résultats. Le risque de survenue
de complications tardives nécessite cependant un suivi à long terme.
Infection pulmonaire invasive à
Trichoderma longibrachiatum survenue chez un patient neutropénique et
traitée avec succès par voriconazole et caspofongine.
A.
Alanio,1 B. Brethon,2
Martine Feuilhade de Chauvin,1
E. de Kerviler,3 T.
Leblanc,2 Claire
Lacroix,1 A.
Baruchel2 et J.
Menotti1
1Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie, 2service d’Hématologie Pédiatrique et 3service
de Radiologie, hôpital Saint-Louis, AP-HP, Paris, France
Un garçon de 16 ans hospitalisé
pour chimiothérapie d’induction d’une leucémie aiguë lymphoblastique B, inclus
dans le protocole FRALLE 2000-BT, a développé après une période de neutropénie
prolongée de 24 jours une chondrite de la narine droite. Une polychimiothérapie
anti-infectieuse à large spectre, incluant la caspofungine, a été débutée. Dix
jours plus tard, le patient est devenu fébrile sans point d’appel infectieux. Un
scanner pulmonaire a révélé des lésions parenchymateuses nodulaires disséminées,
évoquant fortement une aspergillose pulmonaire invasive. Malgré des antigénémies
aspergillaires (Platelia Aspergillus, Bio-Rad) toujours négatives, le diagnostic
d’aspergillose pulmonaire invasive a d’abord été retenu. Les prélèvements
pulmonaires effectués ont montré la présence de filaments mycéliens à l’examen
direct ; l’examen macroscopique et microscopique des cultures a mis en évidence
un Trichoderma sp. dans l’expectoration, l’aspiration bronchique et le
lavage broncho-alvéolaire. Le séquençage d’une portion du gène de l’ARN
ribosomique du champignon a permis l’identification de Trichoderma
longibrachiatum.
Le patient a été traité par 2
semaines de bithérapie par voriconazole et caspofungine, puis par 6 semaines de
voriconazole seul, avec une bonne efficacité et une bonne tolérance. Les nodules
pulmonaires ont totalement régressé à la fin du traitement. Après une couverture
antifongique en prophylaxie secondaire à chaque cure de chimiothérapie, le
patient a été considéré comme définitivement guéri de son infection fongique 10
mois après le diagnostic.
Dans la littérature, seuls 4
patients immunodéprimés infectés par T. longibrachiatum ont jusqu’à
présent été traités avec succès. Nous rapportons ici le premier cas traité par
une association voriconazole-caspofungine. Ce succès, obtenu dans une affection
de pronostic grave, devra être confirmé par d’autres équipes.
A
propos d’un cas d’infection pulmonaire à Hormographiella
aspergillata (Coprinus cinereus) chez une patiente atteinte de leucémie
aigue biphénotypique
E. Randriamalala
1,
D. Garcia-Hermoso 4, C. Godet 2, F. Guilhot 1,
MH Rodier 3, C. Kauffmann- Lacroix 3
1. Service d’Onco-Hématologie ,
2. Service de Maladies Infectieuses et Tropicales, 3. Laboratoire de
Parasitologie et Mycologie Médicale CHU de Poitiers, 2 rue de la Milétrie
86021 Poitiers cedex, France
e.randriamalala@chu-poitiers.fr 4. CNRMA Institut Pasteur
25,28 rue du Docteur Roux 75724 Paris Cedex 15
Il s’agit d’une jeune femme
de 23 ans, sans antécédents particuliers, appartenant à une Communauté des gens
du voyage semi sédentaire, atteinte d’une leucémie aiguë biphénotypique
diagnostiquée le 6 Avril 2007 lors de l’exploration d’une asthénie et gonalgie
gauche avec épanchement modéré.
L’hémopathie s’est présentée sous une forme hyperleucocytaire
modérément tumorale (adénopathies superficielles splénomégalie) et anomalies
cytogénétiques clonales t(3 ;4), der(11) der (12) sans remaniement du gènes MLL
en biologie moléculaire. Courte pré-phase corticoïde sur 4 jours
(sensibilité) puis à partir du 18/04/2007 chimiothérapie d’induction
de rémission par Idarubicine 3x 12 mg/m² et Aracytine 5 x1 g/m²/12h. Aplasie non
blastique à J15 et rémission complète cytogénétique ont été obtenues le
04/06/07. Ce traitement s’est compliqué d’une cytolyse hépatique à 10N post
cortisonique d’évolution favorable puis d’une
aplasie fébrile nécessitant cefotaxime gentamycine puis vancomycine
et
l’introduction empirique de caspofungine.
Le 09/05/07 (J23), alors que la patiente est
encore en aplasie, survenue d’une pneumopathie lobaire supérieure droite distale
accompagnée d’une toux sèche et d’une douleur dorsale para scapulaire droite. Le scanner thoracique a montré un foyer hyper dense aux contours
mal limités, plus ou moins spiculés, dans la partie postéro basale du lobe
supérieur droit et touchant la plèvre. Pas de documentation microbiologique à la
fibroscopie et LBA, et du sérum du 12/05/2007 (J26). L’aspect
tomodensitométrique faisant penser à une aspergillose changement de la
caspofungine pour voriconazole. Persistance de la fièvre et aspect
progressif des images au scanner de contrôle du 22/05/2007, possiblement liée à
la sortie d’aplasie. La ponction-biopsie de la lésion pulmonaire sous scanner le
25/05/2007 a montré de rares filaments mycéliens. L'identification de
Hormographiella aspergillata (Basidiomycète, ordre des Agaricales) a été
réalisée par méthodes phénotypiques et confirmation par amplification et
séquençage des régions ITS.
Remplacement du voriconazole par Ambisome 5 mg/kg/j mais a
bsence d’indication
opératoire vue l’étendue de la lésion jusqu’à la paroi avec érosion costale.
Parallèlement il y avait un ascite de type exsudatif dont l’étude
microbiologique est négative. Possibles localisations hépatospléniques non
prouvées par la biopsie hépatique trans jugulaire. L’évolution clinique a
été favorable et concomitant de la sortie d’aplasie avec apyrexie, disparition
de la douleur dorsale et tarissement de l’ascite. Evolution de la lésion
pulmonaire vers l’excavation dont la taille a diminué sur les contrôles
tomodensitométriques successifs (4 cm de diamètre le 22/8/07). Espacement de l’Ambisome
à 3 injections par semaines après trois mois de traitement en raison d’un début
de toxicité rénale. Impossibilité d’une consolidation intensive et donc
chimiothérapie d’entretien par Purinethol VP16 puis blocs d’ Aracytine
alterné au Methotrexate.
Décision
d’allogreffe de cellules souches périphériques à partir de sa sœur jumelle
après un conditionnement myéloablatif par Irradiation corporelle totale 12 gray
et Endoxan 120 mg/kg. La patiente est actuellement au 13 ème jour de la greffe.
Passage de l’Ambisome tous les jours à 5 mg/kg depuis l’aplasie
précédant la reconstitution hématopoïétique et pendant au moins 3 mois encore.
La revue de
la littérature est pauvre avec seulement 6 cas dans la dernière décade, dont
l ‘évolution a été le plus souvent défavorable.
INFECTION
DERMIQUE A CLADOPHIALOPHORA CARRIONII CHEZ UN PATIENT TRANSPLANTE RENAL
ET PANCREATIQUE.
Charlotte
Dupont1, TA. Duong2, S. Mallet 3, MF.
Mamzer4, Eric Thervet4, ME. Bougnoux1, B.
Dupont5
Laboratoires
de Parasitologie-Mycologie1 et d’Anatomopathologie2,
Services de Dermatologie3, Transplantation Rénale4 et de
Maladies Infectieuses et Tropicales5. Hôpital Necker-Enfants Malades.
Paris.
Les infections
dermiques dues à des champignons noirs, ou dématiés, sont des complications
infectieuses rares chez les patients transplantés, bien que le nombre de cas
rapportés ait considérablement augmenté ces dernières années, notamment
après transplantation rénale. Le genre Alternaria est le plus fréquemment
isolé chez ces patients. Les dématiés, qui regroupent plus de 70 genres et
130 espèces, sont responsables d’infections dermiques dont les expressions
cliniques et histologiques sont variées. Nous rapportons ici un cas particulier
d’infection dermique à dématiés chez un patient transplanté d’organes solides.
Un homme de 58
ans transplanté rénal et pancréatique en 2000 pour un diabète insulinodépendant
est vu en consultation de dermatologie en février 2007 pour des nodules cutanés
au niveau du coude droit. Ce patient d’origine tunisienne vit en France et
effectue 2 voyages annuels en Tunisie. A l’examen clinique, trois nodules
fermes, croûteux, douloureux et un nodule sous cutané d’apparition plus récente
sont observés. L’examen histologique de la biopsie d’un des nodules cutanés met
en évidence de nombreux filaments mycéliens. L’examen direct des appositions de
la biopsie montre des éléments fongiques à paroi épaisse et des filaments
mycéliens de taille et d’aspect variés dont la paroi est noire. Le diagnostic
est orienté vers une phaeohyphomycose. La culture sur milieu de Sabouraud permet
d’isoler en 3 jours des colonies de couleur vert foncé dont l’examen
microscopique ne décèle que des filaments mycéliens. L’identification de
Cladophialophora carrionii est obtenue par séquençage de la région ITS1 de
l’ADN ribosomal à partir d’une colonie. Ce champignon est un agent
étiologique de la chromoblastomycose, mycose exotique. La relecture des lames
d’anatomopathologie a permis d’observer la présence de cellules fumagoïdes qui
sont caractéristiques de la chromoblastomycose, confirmant le diagnostic. Le
patient qui a été perdu de vue pendant six mois a été traité en septembre 2007
par posaconazole (800 mg/j en 2 prises) tout en maintenant un traitement
immunosuppresseur par adaptation des doses de tacrolimus.
Ce cas
souligne l’importance de la confrontation anatomopathologique et mycologique
dans la démarche diagnostique et permet de discuter des traitements
antifongiques de la chromoblastomycose chez les patients immunodéprimés.
AUDIT
CLINIQUE DES PRESCRIPTIONS D’ANTIFONGIQUES SYSTEMIQUES AU CHU DE BESANCON
Sophie RAYMOND1,
T. HENON1,5, F. GRENOUILLET2,5, M.-C. WORONOFF-LEMSI1,4,
S. LIMAT1,4, J. LEROY3,5
Pharmacie1,
Mycologie2, Maladies Infectieuses3, INSERM U6454
& Commission des Anti-Infectieux5, CHU Minjoz, 25030 BESANCON
fgrenouillet@chu-besancon.fr
Depuis
la mise en place d’une politique d’amélioration continue de la qualité des
soins, l’évaluation des pratiques professionnelles est devenue indispensable
dans les établissements de santé. Le principe d’un audit clinique est de
comparer ce qui est fait à ce qui devrait être fait (défini par un référentiel).
Des recommandations de prescriptions des antifongiques sont en place au CHU de
Besançon depuis 2003, et ont été réactualisées en 2005.
L’objectif principal de ce
travail est d’évaluer l’application de ce référentiel, via un audit clinique des
prescriptions d’amphotéricine B liposomale, de voriconazole et de caspofungine,
les trois antifongiques concernés par la liste T2A. L’objectif secondaire est
d’évaluer la conformité de l’indication sélectionnée lors de la commande à la
pharmacie. Celle-ci est devenue indispensable depuis la signature des contrats
de bon usage entre le CHU et l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH),
définissant le financement spécifique de ces molécules onéreuses par
l’assurance-maladie.
Les critères d’évaluation
de cet audit clinique ont été : la pertinence de l’indication, l’absence
d’alternative meilleure, le respect de la posologie et de l’éventuelle dose de
charge, le timing (adaptation du traitement, en fonction de l’évolution
clinique et des données biologiques). Cette étude rétrospective
préliminaire porte sur un panel représentatif des prescriptions de l’ensemble
des services, de janvier à juin 2007.
63 prescriptions
d’antifongiques T2A ont été analysées sur les 154 recensées, correspondant à 47
patients (38 d’onco-hématologie), et 51 séjours hospitaliers. Le taux de
conformité globale atteint 51%. L’indication d’un antifongique était justifiée
pour 60 prescriptions (95%). Dans 30% des cas, une alternative meilleure,
c’est-à-dire plus efficace, moins onéreuse ou moins toxique était recommandée.
La posologie et la dose de charge étaient conformes dans respectivement 84% et
76% des cas. Concernant l’indication nécessaire à la commande informatique de
l’antifongique, son taux de conformité est de 29%.
Cette étude nous a permis de
mieux cerner les pratiques d’utilisation des antifongiques systémiques dans
notre établissement. Elle a mis en évidence notamment une « sur-prescription »
de la caspofungine à la place de l’amphotéricine B desoxycholate, en première
intention dans la neutropénie fébrile et les candidoses systémiques, en
l’absence d’insuffisance rénale ou de médicaments néphrotoxiques. Cette étude
souligne la nécessité de mettre à jour régulièrement les référentiels, pas
toujours en phase avec l’évolution des pratiques. De nouvelles recommandations
internationales, en cours de publication, devraient inspirer la future version
de notre référentiel local. Le fort taux de non-conformité de l’indication
communiquée à la pharmacie semble associé à un manque d’information des
soignants, or ce paramètre est critique dans le cadre du contrat de bon usage
ARH-CHU. A terme, cet audit préliminaire devrait être élargi à un plus large
échantillon de patients afin d’augmenter la puissance de nos résultats.
CANDIDA
INCONSPICUA DANS UN SERVICE D’HEMATOLOGIE CLINIQUE :
ETUDE DE CAS
GROUPES
BREBION Amélie 1,
JANEL Alexandre 1, CACHEUX Victoria 2, MOUGEOT Geneviève
1, PONS Denis 1, CAMBON Monique 1
1 Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie, CHU de Clermont-Ferrand; 2 Service
d’Hématologie clinique, CHU de Clermont-Ferrand
Jusqu’en janvier 2007, C.
inconspicua, considéré comme une levure émergente, était une espèce
rarement mise en évidence (1 à 2 fois par mois) au Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie du CHU de Clermont-Ferrand. Entre février et mai 2007,
une forte augmentation du nombre de prélèvements positifs en culture à C.
inconspicua a été constatée. Ces prélèvements, essentiellement des selles,
provenaient pour la plupart de patients hospitalisés dans le service
d’Hématologie Clinique (Pr J.O. Bay).
En mars 2007,
12 patients hospitalisés en Hématologie clinique avaient au moins un prélèvement
positif en culture à C. inconspicua. Les patients en aplasie
bénéficiaient de manière hebdomadaire d’un examen mycologique des selles et d’un
traitement prophylactique par fluconazole en cas de mucite ou candidurie.Le
service d’Hématologie clinique est resté vigilant face à cette forte proportion
de patients porteurs mais devant le faible nombre de cas décrits dans la
littérature, dans lesquels C. inconspicua est incriminé dans
de réelles infections, il n’a pas changé ses habitudes de prescription
(mycologie des selles hebdomadaire, prophylaxie par fluconazole).
En mai, deux patients atteints de LAM présentaient des hémocultures positives à
C. inconspicua, lors de l’aplasie post-chimiothérapie d’induction. Il s’agissait d’un
as probable de colonisation de cathéter veineux central et d’une réelle fongémie.
Un
antifongigramme (méthode E-Test) a été réalisé pour les isolats de dix patients
du service d’Hématologie clinique. Les dix souches testées étaient sensibles
in-vitro à l’amphotéricine B (CMI la plus élevée : 0,06µg/ml) et au voriconazole
(CMI la plus élevée : 0,25µg/ml) mais de sensibilité diminuée au fluconazole : 6
souches étaient de sensibilité dose-dépendante (CMI 16 à 32 µg/ml) et 4 étaient
résistantes (CMI > 64 µg/ml).
La nette diminution des cas de portage à partir de juin a coïncidé avec la réalisation d’aménagements
en mai au sein du service d’Hématologie clinique. En effet, au cours du mois de mai 2007, le secteur
conventionnel du service a été progressivement fermé pour permettre la réalisation d’aménagements
et de travaux de rénovation. Il a été rouvert le 6 juin 2007, composé de 5 lits à flux mobile et
13 lits d’hospitalisation conventionnelle. Le secteur protégé (7 lits) est resté ouvert durant les travaux.
Plusieurs questions épidémiologiques restent à approfondir : est-ce bien
un portage acquis lors de l’hospitalisation ? Quel est le mode de transmission de
C. inconspicua (aucun prélèvement d’environnement ni du personnel hospitalier n’a été effectué par
le service d’Hygiène Hospitalière) ? De plus, l’étude phylogénétique des différents isolats n’ayant
pu être réalisée pour des raisons techniques, cet épisode n’a pas pu être classé comme épidémie.
Une étude ultérieure est envisagée.
Entre juin et septembre 2007, un maximum de deux nouveaux patients porteurs de
C. inconspicua dans les selles a été dépisté mensuellement. En octobre, C. inconspicua a été
mis en évidence dans les selles de cinq nouveaux patients. Il est donc nécessaire de rester vigilant.
Apport
de la biologie moléculaire dans le diagnostic
de balle fongique sinusienne de
l’immunodéprimé.
ABERMIL Nasséra1,
TOUSSAINT G.2, BOTTEREL F.1, FOULET F.1, COSTE
A.2, PAPON JF.2, BRETAGNE S.1
1Service de
Parasitologie-Mycologie, APHP, CHU Henri Mondor, 94000 Créteil ;
2Service
d’ORL Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil, 94000 Créteil. Les balles
fongiques sinusiennes sont des conglomérats de filaments mycéliens qui se
développent de manière non invasive dans les cavités sinusiennes. Chez
l’immunodéprimé, cette atteinte est rare et se localise essentiellement au
niveau des sinus sphénoïdaux et ethmoïdaux. Le traitement des balles fongiques
chez ces patients est essentiellement chirurgical, mais un traitement médical
peut y être associé d’où la nécessité d’une identification de l’espèce fongique
responsable. Cette identification est souvent difficile car seules 30% à 50% des
cultures sont positives.
But de l’étude Les
objectifs de cette étude étaient (1) de valider une technique automatique
d’extraction d’ADN à partir de tissus inclus en paraffine, (2) de déterminer par
PCR en temps réel les espèces fongiques responsables de ces balles fongiques.
Matériels et méthodes Une
étude rétrospective a été menée par le service d’ORL du Centre Hospitalier
Intercommunal de Créteil et du CHU Henri Mondor. Parmi 181 patients opérés de
balles fongiques entre 1997 et 2007, 19 , étaient immunodéprimés (causes ?
éventuellement). De ces 19 patients, les coupes de balles fongiques incluses en
paraffine ont été obtenues pour16 patients.
Les ADN ont été extraits de 5
coupes de 10µm par échantillon à l’aide du Kit EZ1 DNA tissue® (Qiagen,
France) et du BioRobot® EZ1 (Qiagen, France). Les quantités obtenues
ont été dosées par UV à l’aide d’un NanoDrop® (NYXOR Biotech). Une
PCR temps réel ciblée sur un gène mitochondrial d’Aspergillus fumigatus/flavus
a été effectuée sur tous les extraits d’ADN. Le test a été réalisé en duplicate
sur l’automate LightCycler 1.5® (Roche). en utilisant le Kit LC Fast
start DNA Master Hybridation Probes®. Tous les extraits d’ADN ont
également été soumis à une amplification « pan fongique » ciblée sur l’ARNr 18S
pour s’assurer de la présence d’ADN fongique amplifiable.
Résultats. Les
concentrations d’ADN extraits étaient différentes d’un échantillon à l’autre, de
1ng/µL à 10ng/µL. La PCR Aspergillus était positive pour 15 des 16 échantillons
et la PCR pan fongique était positive pour tous les échantillons.
Discussion - Conclusion
La technique d’extraction à partir de coupes de paraffine par le robot BioRobot®
EZ1 a donné des ADN de qualité suffisante pour les amplifications réalisées.
Cependant, la quantité d’ADN obtenue à partir des coupes anatomopathologiques
est variable et dépend de la qualité du prélèvement anatomopathologique. Les
résultats de la PCR pan fongique concordent avec l’analyse anatomopathologique
des tissus, qui montre la présence de filaments mycéliens dans tous les
échantillons. Sur cette petite série, 94% des balles fongiques contiennent au
moins un champignon du genre Aspergillus. Ceci confirme la difficulté a
obtenir des cultures positives à partir des balles fongiques car seules 30% des
échantillons étaient culture positive. L’analyse d’autres séquences sont
nécessaires pour une identification précise des échantillons ne contenant pas
d’Aspergillus
Transcription profiling of Candida albicans genes in a CaRAS1 mutant
treated with cAMP.
Maria Novella Vespa,* Andrè
Nantel,**Malcolm Whiteway **
The
gene RAS1 encodes a signal transduction GTPase that is proposed to
regulate the cAMP and MAP kinase pathways in the fungal pathogen C. albicans.
Ras1p functions in hyphal induction and virulence in C. albicans. We
studied the action of cAMP on CaRAS1mutant cells grown in liquid Lee’s
medium at either 30C or 37C for 5h. We compared control cultures with cultures
supplemented with cAMP to a final concentration of 10mM at each
temperature. Total RNA was extracted and used for microarray analysis. GeneSpring
software (Agilent Technologies) was used for normalization and for the
identification of significantly regulated transcripts. For analysis of the
transcriptional response under each experimental condition, five individual
biological replicates were used. After 5h cells were observed microscopically at
30C and 37C to monitor morphological changes. In Lee’s medium at 37C there
were minor morphological differences between the control culture and culture
with cAMP; both cultures showed germ tubes and hyphae, although the cultures
with cAMP showed more extensive filamentation than the control. At 30C the
control cultures showed primarily yeast cells with a few germ tubes, but the
cultures with cAMP exhibited hyphae and pseudohyphae although less than the
cultures at 37C. Thus at 37C, cells of CaRAS1 mutant, grown in Lee’s
medium, have the ability to undergo the yeast-to hyphal transition without cAMP
addition. These results suggest that RAS1 is not essential for the
activation of the transcriptional program for the yeast-to hyphal transition at
37C in Lee’s medium, and thus other gene(s) can apparently replace the
function. In contrast, at 30C in Lee’s medium, cells of the CaRAS1 mutant
exhibited the yeast-to hyphal transition only in the presence of cAMP. Transcriptional
analysis of the cAMP response at both 30C and 37C showed strong induction of the
peroxisomal matrix genes orf19.7520, orf19.1288, orf19.1652, orf19.4591,
orf19.2896, orf19.1704 and orf19.3684.
*
Istituto Superiore di Sanita Roma Italy A.I.D.S. programme
**National Research Council
Montreal QC Canada
Corresponding authors.E-mail:
malcolm.whiteway@cnrc-nrc.gc.ca
Ce travail de recherche est dédié à Monsieur le
Prof. Bernard Bizzini, avec toute ma reconnaissance.
INFECTIONS FONGIQUES MULTIPLES CHEZ UN
PATIENT NEUTROPENIQUE : ASPECTS DIAGNOSTIQUES ET THERAPEUTIQUES
L. EPELBOIN
1, P. AGNAMEY 2, N. DAHAME 2, C. SALANOUBAT
3, O. LEGRAND 3, A. RABBAT 1, M. CORNET
2.
Services
de Réanimation Médicale 1, Microbiologie 2 et Hématologie
Clinique 3, Hôtel-Dieu, AP-HP, Paris.
Nous rapportons le cas d’un
patient âgé de 68 ans, insuffisant rénal chronique, présentant une
transformation aiguë d’un syndrome myélodysplasique évoluant depuis deux ans. Au
décours de la chimiothérapie d’induction par daunorubicine et aracytine, alors
qu’il est en aplasie profonde (leucocytes < 100.106/L) depuis 14
jours, il développe successivement sur une période de 3 semaines :
- une candidémie à Candida
kefyr traitée par échinocandine : le patient est inclus dans l’essai
clinique 03-0-192 qui évalue la Micafungine versus la Caspofungine dans le
traitement des candidoses invasives.
- une fusariose disséminée à
Fusarium dimerum diagnostiquée grâce à la biopsie cutanée. Cette
fusariose survient après 16 jours de traitement par une échinocandine qui est
alors remplacée par le Vfend®.
- une aspergillose pulmonaire
invasive à Aspergillus fumigatus contemporaine de la fusariose et
traitée également par Vfend®.
- une pneumocystose pulmonaire
à Pneumocystis jiroveci.
Le patient
décède rapidement après le diagnostic de pneumocystose dans un tableau de
défaillance multiviscérale.
Sur le plan
diagnostique, cette observation confirme l’importance de la biopsie cutanée chez
un patient à risque d’infection fongique invasive. En effet, chez ce patient,
les lésions cutanées liées à la fusariose sont apparues au décours d’une
première infection fongique déjà documentée.
Sur le plan
thérapeutique, cette observation alimente le débat sur l’éventuelle sélection
d’espèces résistantes (Fusarium sp.) par l’utilisation
d’antifongiques à spectre limité (échinocandines). De plus, les traitements
successifs par échinocandine et Vfend® n’ont pas permis d’empêcher le
développement et la progression de l’aspergillose chez ce patient resté
profondément neutropénique pendant plus de 40 jours.
Microsporum
amazonicum à l’origine d’une
dermatose du visage
Nelly
Contet-Audonneau*, Marie Machouart*,
Michel Miegeville**, Aurélie Jager ***et Sybren de Hoog*****
Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie CHU de Nancy*, Laboratoire de Parasitologie-Mycologie
CHU de Nantes**, Laboratoire Jager à Boulay***, CBS Utrecht, Pays-Bas****
L’enfant Estelle, 9 ans est vue par son médecin
en Août 2007 pour une lésion érythémateuse du visage localisée dans la région
sous-narinaire. Le diagnostic de mycose est porté et le médecin adresse l’enfant
au laboratoire pour un prélèvement mycologique. Il prescrit de la
ciclopiroxolamine en crème.
L’interrogatoire permet de préciser l’origine géographique de l’enfant, Estelle
habite à Kourou en Guyane, elle est en Lorraine de façon temporaire. Il n’y a
pas de notion de contact avec des animaux.
La culture
nous est transmise pour identification.
Les colonies sont duveteuses, blanc-grisâtres, elles poussent en cercles
concentriques sur le repiquage réalisé sur milieu de Sabouraud. Aucun pigment
n’est observé au verso.
Des microconidies piriformes trapues sont
présentes, associées à de très nombreuses macroconidies, très finement
rugueuses, présentant 3 à 4 logettes et mesurant 13-35 µm sur une largeur de 6-9
µm.
Les macroconidies gardent à leur base, après libération, un fragment de cellule
résiduelle.
Cette souche est uréase positive en 8 jours et
ne fait pas virer le milieu BCP caséine.
Ces
différents caractères correspondent à Microsporum amazonicum. Il s’agit
d’un dermatophyte tellurique qui a été décrit en 1967 par Moraes à partir de
prélèvements chez des rats, apparemment sains, au Brésil. La forme parfaite est
Nannizzia borellii, actuellement Arthroderma borellii (1975).
Microsporum amazonicum, dermatophyte tellurique et zoophile d’Amérique du
Sud peut donc aussi être un parasite de l’homme, comme le démontre ce cas
clinique.
1,3-β-D-GLUCANE
ET INFECTIONS FONGIQUES INVASIVES.
Renée
GRILLOT
Unité de
Parasitologie-Mycologie, Département des Agents Infectieux, CHU de Grenoble
RGrillot@chu-grenoble.fr
Les difficultés diagnostiques
des infections fongiques invasives (IFI) ont largement favorisé le développement
de tests permettant de rechercher dans le sang circulant des molécules
relarguées par le champignon au cours de l’infection, marqueurs présumés du
processus invasif. C’est ainsi que la détection et le dosage de composants
polysaccharidiques pariétaux, spécifiques de certains genres ou espèces
fongiques, tels les mannanes de Candida albicans ou le
galactomannane d’Aspergillus, sont devenus des outils précieux utilisés
de façon routinière en mycologie clinique.
Parmi ces molécules, le
1,3-β-D-glucan (BG) présente la particularité : 1) d’être un composant pariétal
majeur partagé par de nombreuses espèces de champignons d’intérêt médical
dont Pneumocystis jirovecii (mais Cryptococcus spp et les
zygomycètes font exception), 2) d’être présent a l’état normal dans le plasma
humain à des taux extrêmement faibles, 3) et enfin de voir l’élévation de sa
concentration plasmatique corrélée avec la survenue de mycoses systémiques
prouvées et d’origine variée. Néanmoins, si ces notions sont connues depuis plus
de vingt ans (travaux d’OBAYACHI, Japon), la détection du BG n’à réellement
émergé dans l’arsenal biologique comme marqueur potentiel des IFI que depuis
très peu de temps : situation qui résulte d’un ensemble de causes à la fois
techniques et stratégiques.
D’un point de vue technique,
plusieurs tests de détection quantitative du BG utilisant le principe du « Limulus
Test » ont été développés au cours de ces deux dernières décennies par divers
fabricants, au Japon puis aux USA, sous des appellations différentes et avec des
systèmes biochimiques variés : d’où des résultats hétérogènes et une relative
confusion pour en déduire l’intérêt diagnostique et les valeurs pronostiques
positive et négative de ce marqueur dans les IFI.
En pratique, Fungitell (Associates
of Cap Code, USA) agréé par la FDA en 2004 est le test actuellement disponible
commercialement en Europe (marquage CE en cours) : il utilise le principe de la
reconnaissance du BG par le système d’immunité innée d’un petit crustacé,
Limulus polyphemus. L’activation spécifique du facteur G du lysat d’amoebocytes
du Limulus (LAL) entraine la cascade d’enzymes intervenant dans la
coagulation du LAL, activation détectée par le clivage d’un substrat chromogène
synthétique. La sensibilité analytique du test est très élevée puisque Fungitell
permet de détecter des quantités de BG de l’ordre du picogramme/mL : pour le
sérum la valeur du cutoff a été fixée à 20 pg/mL. Par ailleurs, tout risque
d’interférence avec le LPS a été supprimé. Les valeurs retenues pour
l’interprétation du BG sont les suivantes : < 60 pg/mL : négatif, ≥ 80 pg/mL :
positif.
Du point de vue de l’évaluation de la détection du BG, si l’on ne retient
dans la littérature que les études réalisées avec Fungitell, les travaux publiés
se résument à quatre études :
- une étude multicentrique
cas-témoin (OSTROSKY-ZEICHNER et al, CID 2005, 41 : 654-9),
conduite chez 170 sujets témoins négatifs et 163 patients ayant une IFI prouvée
ou probable. Le but était de définir l’intérêt du BG pour le diagnostic des IFI.
Les auteurs rapportent une sensibilité et une spécificité de 64,4% et
92,4%, avec une VPP de 89% et une VPN de 73% quand le seuil de positivité choisi
est de 80 pg/mL. Bien que les résultats semblent montrer un intérêt réel du
test, certains points méthodologiques sont critiquables et les caractéristiques
réelles du test (spécificité, VPP) sont certainement inférieures à celles
rapportées (UPTON et al, CID 2006, 42 : 1055-6, PONTON J
et al, CID 2006, 43 : 263-4).
- Une étude rétrospective sur
156 patients dont 78 atteints d’infections fongiques ou bactériennes (PICKERING
JW et al, JCM 2005, 43 : 5957-62). Sensibilité, spécificité, VPP et VPN
sont respectivement de 93,3%, 77,2%, 52% et 97,8%. Sont notamment soulignées les
causes nombreuses de réactions faussement positives du BG, d’origine
médicamenteuses ou non, ainsi que de faux négatifs liés à des taux sériques
élevés en bilirubine et triglycérides.
- Une étude prospective (PAZOS
et al, Rev Iberoam Micol, 2006, 23 : 209-15) limitée au
suivi de 35 épisodes de neutropénies chez des sujets adultes et combinant deux
tests : BG et dosage d’Ac anti-germe tube de C. albicans, combinaison qui
fournit une VPP de 100%. Concernant le BG, sensibilité, spécificité, VPP et VPN
sont de 83,3%, 86,2%, 55,5% et 96,1%, avec 10,3% de réactions faussement
positives. Point d’intérêt souligné par les auteurs : le fait qu’une
colonisation candidosique même lourde ne semble pas fausser positivement le
test.
- Une étude chez une cohorte
de120 enfants hospitalisés non immunodéprimés et non infectés (SMITH PB et
al, Clin Vaccine Immunol 2007, 14 :924-5), visant à déterminer les
taux moyens de BG présents chez l’enfant. Le but était de poser les bases
indispensables à des études cliniques ultérieures. La moyenne des taux de BG
chez l’enfant s’est révélée nettement supérieure à celle rapportée chez
l’adulte sain : 68 pg/mL versus 48 pg/mL.
- Enfin, aucune étude ne semble
avoir été réalisée à ce jour pour définir la place de Fungitell dans le
diagnostic des pneumopathies à Pneumocystis jirovecii, malgré l’intérêt
potentiel évident du BG souligné par l’étude de TASAKA S et al, (Chest
2007, 131 : 1173-80), mais réalisée avec un réactif commercial
sensiblement différent.
L’EORTC/MSG a récemment décidé
d’inclure la détection du 1,3-β-D-glucane dans les critères diagnostiques des
IFI, à côté de celle du galactomannane aspergillaire (GM) (version révisée en
cours de préparation), la PCR en temps réel étant elle, considérée comme encore
à l’étude. GM et BG ont bien sûr, chacun leurs avantages et leurs inconvénients
(SEGAL BH et al, CID 2007, 44 : 402-9) : mais si les variables qui
affectent la valeur du GM sont maintenant bien cernées, l’expérience avec le BG
est encore très limitée, et son utilisation dans les différents types de mycoses
invasives et dans les différentes populations de patients à haut risque dont les
receveurs de CSH, nécessitent des études complémentaires.
On peut
néanmoins considérer que : - la VPN très élevée du BG, - sa sensibilité clinique
a priori supérieure à celle du GM, - et les causes de fausses positivités
très différentes de celles observées avec Platelia-Aspergillus, feront
que la combinaison de ces deux marqueurs compense leurs défauts respectifs et
permette une interprétation plus aisée des tests diagnostiques des IFI. Et on
attend plus que jamais que des études cliniques prospectives, avec contrôles
appariés et associant tous les marqueurs diagnostiques des IFI aujourd’hui
disponibles, soient engagées ...
CINETIQUE sérique deS (1,3)-ß-D-Glucanes
AU COURS DE LA pneumonie à Pneumocystis jirovecii. Etude preliminaire
G.
Divaret, D.Magne, Adela Angoulvant, Patricia Roux
Service de Parasitologie
Mycologie, Hôpital Saint-Antoine (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris),
Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie, Paris
patricia.roux@sat.aphp.fr
La pneumocystose est l’une des
infections opportunistes les plus fréquentes tant chez les patients infectés par
le VIH que chez les autres immunodéprimés (greffés, hémopathies…).
Le diagnostic est habituellement
porté par la mise en évidence des différentes formes morphologiques de
Pneumocystis jirovecii après colorations dans le lavage
bronchiolo-alvéolaire (LBA) ou l’expectoration induite (EI).
Les (1,3)-ß-D-Glucanes sont des
composants majeurs de la paroi des champignons, et sont présents dans la paroi
des kystes de Pneumocystis jirovecii.
Le test Fungitell Associates of
Cape Cod permet la détection des (1,3)-ß-D-glucanes dans le sérum. Il a
été démontré que les (1,3)-ß-D-Glucanes sont détectables à des taux élevés dans
le sérum de patients atteints de pneumonie à Pneumocystis jirovecii.
Nous avons étudié
rétrospectivement la concentration en (1,3)-ß-D-Glucanes sur 20 sérums itératifs
prélevés chez 4 patients diagnostiqués et traités pour une pneumocystose.
Les sérums étaient prélevés de
J-22 à J120 par rapport à la date du diagnostic. Tous les sérums étaient
positifs en (1,3)-ß-D-Glucanes (≥80 pg/ml). Une diminution de la concentration
sérique en (1,3)-ß-D-Glucanes est observée au cours du temps mais celle ci reste
élevée, >500 pg/ml, pendant les 15 premiers jours. Une positivité est
également observée dans un sérum prélevé précocément
(J-22) et sur des échantillons prélevés tardivement (J55,85,120).
Bien que les (1,3)-ß-D-Glucanes
sériques tendent à diminuer après la mise en place d’un traitement leur dosage
ne semble pas contributif pour le suivi d’une pneumocystose.
Ils apparaissent très tôt
au cours l’infection à Pneumocystis jirovecii.
Ces résultats préliminaires
doivent être validés sur un plus grand nombre de cas.
Evaluation
de la PCR en temps réel dans le serum pour le diagnostic de l’Aspergillose
Invasive chez les patients ayant eu au moins un dosage d’antigène galactomannane
positif au CHRU de Marseille
Ranque
Stéphaneα,
Mary Charlesα,
Hafni Abdelmajidα,
Berger Pierreβ,
Forel Jean-Marie
γ,
Galambrun Claireδ,
Michel-Nguyen Annie
α,
Dumon Henri
α
α
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, CHU Timone Adultes ; β Institiut
Paoli Calmettes, Centre National de Lutte contre le Cancer ; γ
Département d’Anesthésie-Réanimation, CHU Sud Sainte Marguerite ;
δ
Service d’Onco-Hématologie, CHU Timone Enfants ; Marseille, France
Le diagnostic d’Aspergillose Invasive est
difficile. Des travaux d’autres équipes ont suggéré que la PCR dans le sérum,
associée au dosage de antigénémie galactomannane, en améliore la performance.
Nous avons voulu vérifier cette hypothèse dans la population de patients du CHRU
de Marseille.
Nous
avons recherché la présence d’ADN d’Aspergillus spp. par une technique de
PCR en temps-réel dans le premier sérum positif (index > 1) de tous les patients
ayant eu au moins une antigénémie galactomannane positive au cours de l’année
2005.
En tout, 74 patients
hospitalisés dans un service d’Onco-Hématologie ou un service de Réanimation
médicale ont été inclus. Sur 12 patients satisfaisant
aux critères d’Aspergillose Invasive (9 Probable et 3 Possible) selon l’EORTC,
la PCR-Aspergillus n’a été positive que
dans un seul cas ; donnant une sensibilité de 8% et une spécificité de
85%.
Cette technique de PCR-Aspergillus
dans le sérum n’apporte aucun bénéfice significatif en terme de sensibilité et
de rapidité pour le diagnostic de l’Aspergillose Invasive dans cette population.
Nous envisageons d’étudier la performance de cette PCR sur des échantillons
(LBA, biopsie) prélevés au site de l’infection.
AMELIORATION DU DIAGNOSTIC
PRECOCE D’ASPERGILLOSE INVASIVE CHEZ LES PATIENTS À HAUT RISQUE EN
ONCO-HEMATOLOGIE PAR L’UTILISATION D’UNE RT-PCR REALISEE SUR UN LARGE VOLUME DE
SERUM
Felipe SUAREZ1,
Olivier LORTHOLARY2, Stéphanie BULAND3, David GHEZ1,
Patrick BERCHE3, Marie-Elisabeth. BOUGNOUX3.
Service d’Hématologie adulte1,
Service de Maladies Infectieuses et Tropicales2, Laboratoire de
Bactériologie, Virologie, Parasitologie et Hygiène3. Hôpital
Necker-Enfants Malades, Paris, France.
Introduction. La
détection d’antigène circulant galactomannane (GM) est le seul marqueur sérique
recommandé par l’EORTC pour la surveillance des patients d’onco-hématologie à
haut risque de développer une infection aspergillaire. La détection d’ADN de
Aspergillus sp. dans le sérum pourrait aider à améliorer le diagnostic mais
la sensibilité de la détection d’ADN est faible lorsque la PCR est réalisée sur
un petit volume de sérum. Nous avons testé la sensibilité de la PCR lorsque
celle-ci est réalisée après extraction d’un volume plus important de sérum.
Méthodes. Au cours d’une
étude prospective, nous avons comparé sur une période de 13 mois les
performances de la détection bihebdomadaire de GM dans le sérum par ELISA (Platelia®,
Aspergillus EIA, BioRad) et hebdomadaire d’ADN de Aspergillus fumigatus
par RT-PCR après extraction de l’ADN par l’appareil MagNa pure LC (Roche
Diagnostics) à partir d’un échantillon de 100µL (Kit III, Bacterial Fungal)
ou de 1mL (Kit-Large Volume) de sérum. Au total, 125 patients ont été inclus
parmi lesquels 17 ont développé une aspergillose invasive (AI) (1 cas prouvé, 14
cas probables et 2 cas possibles).
Résultats. La détection
de GM a été effectuée sur 1902 sérums (détection bihebdomadaire). Le test a été
considéré comme positif lorsque 2 sérums consécutifs avaient des index ≥ 0,5. La
sensibilité (Se), la spécificité (Sp), la valeur prédictive positive (VPP) et la
valeur prédictive négative (VPN) de la détection de GM pour le diagnostic d’AI
étaient, respectivement, de 88,2%, 94,2%, 68,1%, et 98,2%. La détection d’ADN
circulant par RT-PCR a été effectuée sur 925 sérums (détection hebdomadaire).
L’extraction de l’ADN a été réalisée sur un volume de 1mL de sérum (large
volume) sur l’ensemble des 925 sérums disponibles et sur un volume de 100µL sur
450 d’entre eux. Les Se, Sp, VPP, et VPN étaient, respectivement, de 100%,
96,6%, 81%, et 100% quand l’ADN était extrait à partir de 1 mL de sérum et de
64,7%, 99,1%, 91,7%, et 95,2% quand l’ADN était extrait à partir de 100µL de
sérum. La RT-PCR large volume était positive plus précocement ou en même temps
que le GM chez 13/17 patients atteints de AI et 2 à 7 jours plus tard chez les
autres.
Conclusions.
L’utilisation d’un large volume d’extraction de 1mL de sérum améliore
significativement la sensibilité de la RT-PCR pour la détection d’ADN de A.
fumigatus. Dans cette étude, les performances de la RT-PCR étaient
supérieures à celles obtenues par détection bihebdomadaire de GM. Ces résultats
montrent que la détection hebdomadaire d’ADN de Aspergillus sp. dans le
sérum est un outil utile pour le diagnostic précoce des AI chez les patients à
haut risque.
Mécanismes
moléculaires de Résistance à la caspofungine chez Candida albicans.
C.Dunyach, S.Bertout, P.Drakulovski,
D.Castel, M.Mallié
UMR 145 VIH et maladies
associées, IRD/UM1
Laboratoire de Parasitologie et
Mycologie Médicale, UFR de Pharmacie, 15 avenue Charles Flahaut, 34093
Montpellier.
Objectif
L’objectif de ce travail est d’étudier
l’influence d’une pression de sélection exercée par la caspofungine sur le
génome d’une souche sensible de référence de Candida albicans.
Méthodes :
Une souche de référence (ATCC 90028) notée R a
été soumise dans le temps à des concentrations croissantes de caspofungine
allant de 0,5µg/ml à 8µg/ml. Entre chaque palier, la souche a été maintenue à
une concentration constante pendant 3 cycles de reproduction de 48h. Une souche
(R*) de CMI (concentration minimale inhibitrice)
élevée a été obtenue. La souche de référence (R)
et la souche R* ont été étudiées en parallèle. Sept gènes (CAN, GSL22, CRH11,
ERG5, PGA3, RTA, SKN) ayant été décrits dans la littérature comme ayant un rôle
dans le mécanisme d’action de la caspofungine ont été étudiés. Ces gènes ont été
clonés, purifiés et séquencés à partir des génomes des deux souches R et R*.
Le but du séquençage est de mettre en évidence
des mutations potentielles entre la souche R et la souche R*. Une comparaison de
séquence par alignement a été réalisée entre les bases de données, la souche de
référence et la souche R*.
Résultats obtenus :
La souche R* qui présente une
CMI supérieure à 16µg/ml a été obtenue à partir de la souche de référence après
42 cycles de reproduction. L’étude des sept gènes sélectionnés a permis de
mettre en évidence des mutations au niveau du gène GSL22 codant pour la FKS1p,
sous-unité de la β-(1,3)-glucane synthase, cible d’action de la caspofungine et
au niveau du gène CRH11 codant pour une protéine de la paroi cellulaire. Les
autres gènes n’ayant présenté aucune mutation.
Conclusion :
En conclusion, le but de ce travail est de
mieux comprendre les mécanismes impliqués dans l’apparition de résistance à la
Caspofungine. De nouvelles investigations devront donc être réalisées afin de
confirmer l’influence de ces mutations sur la diminution de la sensibilité à la
caspofungine.
Suivi de l'Index de Colonisation
Corrigé et des Candidoses profondes en Réanimation Médicale
J.Y Mootien (1) ; MF Penner (2)
; X Delabranche (1) ; L Pinto (1) ; C Ionescu (1) ; M Geny (1) ; P Guiot (1).
(1)Service de Réanimation
Médicale,CH Mulhouse;(2) Laboratoire de Microbiologie CH Mulhouse
Objectifs
La colonisation préalable de la
muqueuse à Candida spp. est un des facteurs de risques majeurs de
développement d’une candidose profonde. Le degré de colonisation peut être
évalué par le calcul d’un index de colonisation corrigé (ICC) (1). Certains
auteurs ont démontré la valeur prédictive de la colonisation fongique dans la
survenue d’une candidémie et l’efficacité d’un traitement préemptif chez les
patients chirurgicaux colonisés (2). Ceci a été peu évalué en réanimation
médicale.
Matériel et méthodes
Nous avons évalué l’ICC chez les
patients dont la durée d’hospitalisation prévisible à l’admission était de plus
de 5 jours au sein d’un service de réanimation médicale de 20 lits pendant 14
mois. Un suivi de l’ICC était effectué dès l’admission et de façon hebdomadaire
jusqu'à la sortie avec 5 prélèvements (pharynx, aspirations trachéales, liquide
gastrique, urines et rectum). Les résultats n’ont été communiqués aux
réanimateurs qu'à l'issue de cette phase d’observation et aucun traitement
antifongique préemptif n'avait été administré. Par ailleurs les résultats de
tout autre prélèvement à visée diagnostique restaient accessibles aux
cliniciens.
Résultats
Deux cent quatre patients, 32% des
admissions, (âge : 63±16,
IGS : 53±19)
ont été inclus. L'ICC était supérieur ou égal à 0,4 chez 73 patients
(37%). Parmi ces patients 90% étaient admis pour une cause médicale et 90%
ventilés. Un cathéter veineux central était en place chez 90% des patients et
20% avaient bénéficié d’une nutrition parentérale totale. Une antibiothérapie à
large spectre avait été administrée chez 88 % des patients. Candida albicans
représente plus de deux tiers des souches isolées. Deux candidémies
ont été diagnostiquées pendant cette période. Un des 2 patients avait un
ICC≥0,4.
Conclusions
Dans notre série de
patients (ICC ≥ 0,4 dans 37% des cas), l'incidence des candidoses profondes
reste faible. L'instauration d' un traitement préemptif basé sur l'ICC,
efficace sur des patients de chirurgie abdominale et polytraumatisés(2), ne
semble pas justifié chez nos patients (recrutement essentiellement d'ordre
médical). Par ailleurs notre écologie fongique étant principalement
constituée de C.albicans, l'instauration d'un traitement empirique par
fluconazole peut être réalisée dans certaines situations. Cette étude nécessite
d'être confirmée par une population plus importante
1.Pittet D, Monod M,
Sutter PM, et al: Candida colonization and subsequent infections in critically
ill surgical patients.
Ann Surg 1994;220:751-8
2 Piarroux R,
Grenouillet F, Balvay P, Tran V, Blasco G, Millon L, Boillot A: Assessment of
preemptive treatment to prevent severe candidiasis in critically ill surgical
patients. Crit Care
Med 2004; 32:2443-9.
efficacite de la micafungine dans les infections à candida
Bertrand Dupont
Résumé
en attente
anidulafungine : une nouvelle echinocandine
Renée Grillot
Résumé en attente
Résumés des communications
affichées
Identification des levures : expérience de l’utilisation du VITEK au
CHU de Poitiers
Cateau Estelle, Bousseau
Anne, Kauffmann-Lacroix Catherine, Mayet Dominique, Rodier Marie-Helene
Laboratoire de
Parasitologie et Mycologie Médicale, CHU de Poitiers, 2 rue de la Milétrie, BP
577, 86021 Poitiers Cedex. c.lacroix@chu-poitiers
Objectifs :
Nous avons souhaité évaluer la capacité du Vitek 2 YST (BioMérieux) à identifier
les souches de levures issues des prélèvements de patients. Cette technique,
plus rapide que l’identification à l’aide de la galerie de référence API 32C (BioMérieux),
permet de fournir un résultat en 18h au clinicien. Il s’agit d’une étude
rétrospective sur cinq mois.
Méthodes : Au
laboratoire, l’identification des levures se fait selon un arbre décisionnel et
consiste en un test bichrolatex (C.albicans). Les prélèvements de bouche, gorge,
selles et LBA sont ensemencés sur milieu chromogène permettant l’identification
directe des colonies bleues en C. albicans. Si l’identification de
l’espèce albicans est négative, un test RTT Glabrata est réalisé, si
celui-ci est négatif nous réalisons une galerie Vitek 2 YST. En l’absence de
résultats satisfaisants au Vitek 2, une galerie API 32C est effectuée.
Résultats : Sur la
période du 7 mai 2007 au 2 octobre 2007, 841 identifications de levures ont été
pratiquées. 87% des souches sont identifiées grâce à des tests rapides (milieu
chromogène, bichrolatex albicans, RTT Glabrata et/ou Krusei color). 13% des
souches ont été identifiées grâce à l’utilisation de galeries correspondant à
112 galeries Vitek 2. Ces galeries nous ont permis d’obtenir une identification
satisfaisante dans 72% des cas. Dans les autres cas, l’identification obtenue en
galerie API 32C s’est révélée satisfaisante dans la majorité des cas.
Conclusion :
L’identification par Vitek, deux fois plus rapide que celle par galerie API 32C,
a donné satisfaction dans presque 80% des cas. Dans 20% des cas, il a été
nécessaire de mettre en œuvre une technique de confirmation. Le choix de la
technique est donc orienté par la question suivante : faut-il privilégier
l’exactitude ou bien la rapidité d’identification ? Nous avons souhaité
privilégier l’identification précise de l’espèce et revenons à la galerie API
32C seule.
PNEUMOCYSTOSE A Pneumocystis jiroveci :
ETUDE
COMPAREE DE LA PCR ET DES TECHNIQUES DE COLORATION
Kaouech Emira1,
Kallel Kalthoum1, Belhadj S.1, Anane Sonia1,
Ben Chaabane T.2, Chaker Emna1.
1- Laboratoire de
Parasitologie-Mycologie, CHU La Rabta, Tunis, Tunisie.
2- Service des maladies infectieuses,
CHU La Rabta, Tunis, Tunisie.
e-mail : emna.chaker@rns.tn
La pneumocystose est une mycose
opportuniste responsable de pneumopathie interstitielle grave chez les sujets
immunodéprimés infectés ou non par le VIH.
Son diagnostic est posé devant l’aspect clinique et radiologique, et
affirmé par la mise en évidence des trophozoïtes et/ou des kystes de
Pneumocystis jiroveci par de nombreuses techniques de coloration (Gomori-Grocott,
May-Grünwald Giemsa, bleu de toluidine O).
De plus, de nombreuses techniques PCR ont été élaborées ces dernières
années pour compléter le diagnostic mycologique classique.
Notre travail a comparé de façon prospective deux techniques de coloration
(Gomori-Grocott et May-Grünwald Giemsa) à une technique PCR moyennant le couple
d’amorces JKK 14 et JKK 17 amplifiant une séquence de 249 pb du gène de la
glycoprotéine de surface de P. jiroveci.
Durant la période allant de Avril 2005 à Décembre 2006, nous avons colligé
53 prélèvements bronchopulmonaires (39 lavages bronchoalvéolaires, 8 crachats et
6 prélèvements trachéaux protégés) collectés de 49 patients immunodéprimés (SIDA
et autres pathologies) atteints de pneumopathies interstitielles.
Parmi les prélèvements, 20 étaient positifs par la PCR soit 37,7% des
échantillons contre 3 par les techniques de coloration soit 5,7%.
Ainsi, la technique PCR trouve son intérêt dans la confirmation du
diagnostic dans le cas des prélèvements difficiles à interpréter à
l’examen direct.
Un séquençage confirmerait encore plus la présence du champignon chez nos
malades.
CINETIQUE
sérique deS (1,3)-ß-D-Glucanes AU COURS DE LA pneumonie à Pneumocystis
jirovecii. Etude preliminaire
G. Divaret, D.Magne,
Adela Angoulvant, Patricia Roux
Service de
Parasitologie Mycologie, Hôpital Saint-Antoine (Assistance Publique-Hôpitaux de
Paris), Faculté de Médecine Pierre et Marie Curie, Paris
patricia.roux@sat.aphp.fr
La pneumocystose est l’une des
infections opportunistes les plus fréquentes tant chez les patients infectés par
le VIH que chez les autres immunodéprimés (greffés, hémopathies…).
Le diagnostic est habituellement
porté par la mise en évidence des différentes formes morphologiques de
Pneumocystis jirovecii après colorations dans le lavage
bronchiolo-alvéolaire (LBA) ou l’expectoration induite (EI).
Les (1,3)-ß-D-Glucanes sont des
composants majeurs de la paroi des champignons, et sont présents dans la paroi
des kystes de Pneumocystis jirovecii.
Le test Fungitell Associates of
Cape Cod permet la détection des (1,3)-ß-D-glucanes dans le sérum. Il a
été démontré que les (1,3)-ß-D-Glucanes sont détectables à des taux élevés dans
le sérum de patients atteints de pneumonie à Pneumocystis jirovecii.
Nous avons étudié
rétrospectivement la concentration en (1,3)-ß-D-Glucanes sur 20 sérums itératifs
prélevés chez 4 patients diagnostiqués et traités pour une pneumocystose.
Les sérums étaient prélevés de
J-22 à J120 par rapport à la date du diagnostic. Tous les sérums étaient
positifs en (1,3)-ß-D-Glucanes (≥80 pg/ml). Une diminution de la concentration
sérique en (1,3)-ß-D-Glucanes est observée au cours du temps mais celle ci reste
élevée, >500 pg/ml, pendant les 15 premiers jours. Une positivité est
également observée dans un sérum prélevé précocément
(J-22) et sur des échantillons prélevés tardivement (J55,85,120).
Bien que les (1,3)-ß-D-Glucanes
sériques tendent à diminuer après la mise en place d’un traitement leur dosage
ne semble pas contributif pour le suivi d’une pneumocystose.
Ils apparaissent très tôt
au cours l’infection à Pneumocystis jirovecii.
Ces résultats préliminaires
doivent être validés sur un plus grand nombre de cas.
PCR quantitative en temps réel pour le diagnostic
et le suivi non invasifs de la pneumocystose
Patricia Roux1, Adela Angoulvant1, Marie Giselle Lebrette2,
Pierre-Marie Girard3, Eric Maury4, Denis Magne1
1-Service de parasitologie-Mycologie,3-Service des Maladies Infectieuses
et Tropicales, 4- Service de Réanimation Médicale Hôpital Saint Antoine ,
Paris
1-2 - Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, Hôpital
Tenon, Paris
1-patricia.roux@sat.aphp.fr
La pneumocystose (PCP)
est une des infections opportunistes les plus fréquentes chez les patients
atteints de sida ou d'autres immunodépressions. Le diagnostic, suspecté
cliniquement, est confirmé par la mise en évidence des différentes
formes morphologiques de Pneumocystis jirovecii (PJ) dans le lavage
bronchiolo alvéolaire (LBA) par différentes colorations standards ou par
l'utilisation d'anticorps monoclonaux (Monofluokit Pneumocystis
jirovecii, Biorad, Marnes la Coquette,France). De nombreuses études ont
démontré une sensibilité supérieure de la PCR pour la détection de
Pneumocystis.
Le but de cette étude
était de déterminer si la PCR quantitative en temps réel pouvait être utilisée
pour le diagnostic de pneumocystose et son suivi dans des prélèvements non
invasifs tels que des rinçages oro-pharyngés (ROP) ou des expectorations
induites (EI).: Nous avons mené une étude prospective chez 27 patients
HIV+ ayant présenté une pneumocystose confirmée biologiquement. Cinquante neuf
prélèvements ont été effectués entre J0 et J40 du diagnostic: LBA (n=42), EI
(n=9), ROP (n=8). L'ADN de PJ a été recherché par PCR quantitative en temps réel
(Taqman® technologie , ABI Prism 7700, Applied Biosystem) amplifiant le gène
de la grande sous unité d'ARN ribosomale mitochondriale (mtLSUr RNA). Un
échantillon est considéré comme étant négatif si aucun signal n'est détecté au
bout de 40 cycles (CT>40). Parmi les 27 patients, 21 ont eu un LBA, 6 une EI en
première intention pour le diagnostic. Tous les patients ont eu un second
prélèvement: LBA (n=19), ROP (n=6), EI (n=1) réalisé entre J0 et J20. Cinq
patients ont eu de 3 à 5 prélèvements entre J14 et J40.
Résultats: L'ADN de PJ a
été détecté à J0 dans les EI (CT=23-30, moyenne=27), les LBA (CT=12-30,
moyenne=23). Sept ROP, prélevés entre J0 et J8 était positifs (moyenne CT=27), 1
ROP était négatif à J11.
Conclusions: La PCR
quantitative en temps réel peut être utilisée dans des prélèvements non invasifs
tels que les EI et les ROP pour le diagnostic et le suivi de la pneumocystose.
Etude de la sensibilité de 43 souches de Candida
albicans à 8 molécules antifongiques. Efficacité comparée de 2 techniques
d’évaluation : Sensititre YeastOne® vs. CLSI M27A2.
C.Dunyach, S.Bertout, P.Drakulovski, D.Castel, M.Mallié
UMR 145 VIH et Maladies
associées, IRD/UM1
Laboratoire de Parasitologie et
Mycologie Médicale, UFR de Pharmacie, 15 avenue Charles Flahaut, 34093
Montpellier.
But de l’étude :
L’incidence des infections
fongiques sévères a augmenté considérablement durant ces vingt dernières années.
Ceci est principalement du au nombre croissant de patients immunodéprimés
(patients atteints de cancer, transplantées d’organes ou de moelle osseuse,
patients infectés par le virus de l’immunodéficience humaine). Les levures du
genre Candida, souvent impliquées dans ce type d’infection, peuvent être
responsables de mycoses superficielles ou systémiques. Il a été démontré qu’on
observait une augmentation du phénomène de résistance aux azolés sur certaines
souches de Candida, due notamment à la large utilisation de ces
antifongiques en monothérapie. Il semble donc nécessaire de disposer d’un test
rapide et fiable permettant d’évaluer la sensibilité de ce champignon à divers
antifongiques. C’est pourquoi le but de cette étude est de comparer les
performances de 2 tests d’évaluation de la sensibilité aux antifongiques, une
technique de référence décrite par le CLSI et un test nouvellement commercialisé
en France, le Sensititre YeastOne®.
Matériel et méthodes :
La sensibilité de 43 souches de
Candida albicans à 8 antifongiques (fluconazole, posaconazole,
voriconazole, itraconazole, kétoconazole, flucytosine, amphotéricine B,
caspofungine) est évaluée conjointement par deux microméthodes de dilution en
milieu liquide (CLSI M27A2 et Sensititre YeastOne®). Les résultats sont lus
après 24h et 48h d’incubation à 35°C comme recommandé pour les isolats de
Candida.
Resultats :
Les pourcentages d’agrément sont
déterminés dans un intervalle de ± 2 dilutions.
Pour les 43 souches étudiées,
les pourcentages de corrélation à 24h sont de 68%, 93%, 77%, 74%, 83%, 74%, 63%
et 86% pour le fluconazole, le posaconazole, la flucytosine ,le kétoconazole l’amphotéricine
B, l’itraconazole le voriconazole et la caspofungine respectivement. Les
pourcentages de corrélation obtenus à 48h sont moins élevés exceptés dans le cas
de la 5-FC. En effet, les résultats lus à 48h sont faussés par l’apparition des
effets de traîne déjà décrits dans le cas des azolés. Ces effets de traîne sont
cependant beaucoup moins fréquents par la méthode de Sensititre® que par la
méthode M27A2 du CLSI. Les résultats obtenus pour la caspofungine à 48h sont
également faussés par un effet paradoxal qui se caractérise par le fait que la
caspofungine est plus efficace in vitro à 48h à de faibles concentrations qu’à
des concentrations supérieures à 4µg/ml. Les résultats obtenus sont en
adéquation avec les résultats obtenus avec la méthode de sensibilté ATB-fungus
2®.
Conclusions:
Cette étude a montré une bonne
corrélation entre les 2 techniques testées pour le posaconazole, la flucytosine,
l’amphotéricine B et la caspofungine. Concernant le fluconazole, le kétoconazole,
l’Itraconazole et le voriconazole, le pourcentage d’agrément est faible entre
les 2 méthodes (de 63% à 74% à 24h). Cependant les méthodes utilisées permettent
de classer les souches dans la même catégorie (sensible, SDD ou résistante) dans
plus de 75% des cas. C’est pourquoi nous pouvons conclure que le
Sensititre ® est une bonne technique pour évaluer la sensibilité des souches de
Candida en routine.
Concentrations
Minimales Inhibitrices de six antifongiques Sur Les Aspergillus spP.
isolés de patients AU CHRU de Marseille
GLASMAN
Laurenceα, Michel-Nguyen Annieα,
Reynaud-Gaubert Martineδ,
Dubus Jean-Christopheβ,
Dumon Henriα,
Ranque Stéphaneα
α Laboratoire de Parasitologie-Mycologie ; β
Centre de Ressources et de Compétences de la Mucoviscidose (CRCM) pédiatrique,
CHU Timone ; δ CRCM adultes, Service de Pneumologie, CHU Sud Sainte
Marguerite ; Marseille, France
Le nombre d’Aspergillus spp.
isolés au laboratoire de Parasitologie-Mycologie du CHU de Marseille a augmenté
significativement au cours de ces dernières années. En particulier chez les
patients atteints de mucoviscidose et/ou greffés pulmonaires. Nous avons
poursuivi la comparaison des profils de susceptibilité aux antifongiques de ces
Aspergillus spp. , provenant essentiellement de prélèvements des
voies respiratoires, commencée le 1er janvier 2006. Aux antifongiques
initialement testés : la 5-fluorocytosine, l’amphotéricine B, l’itraconazole, le
voriconazole, ont été ajoutés la caspofungine et le posaconazole.
Les isolats ont été identifiés
par leurs caractères morphologiques. Les concentrations minimales inhibitrices
(CMI) ont été déterminées à l’aide de bandelettes Etestâ
(AB Biodisk, Stockholm, Suède) après 48 à 72 heures de culture sur des milieux
RPMI (AES, France) à 30°C. Entre le 10 février 2007 et le 1er octobre
2007, les CMI ont été déterminées pour 366 isolats, émanant de 214 patients.
Cinq espèces étaient majoritaires : A. fumigatus, 50% ; A. niger,
19% ; A. terreus, 9% ; A. flavus, 8% ; A. versicolor,7%
et d’autres plus rares : A. nidulans, A. ochraceus,
A. flavipes,
A. candidus, A. glaucus, A. restrictus, et A. sydowi,
soit en tout 7% des isolats.